Le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) a annoncé jeudi l’ouverture de procédures d’investigation contre soixante économies mondiales, dont le Canada, le Mexique, l’Union européenne, la Chine et le Royaume-Uni. Ces enquêtes, conduites au titre de la Part 301 du Commerce Act de 1974, constituent la réponse de l’administration Trump à l’annulation de ses tarifs douaniers par la Cour suprême le mois dernier.
La décision fait suite à un arrêt rendu à six voix contre trois dans l’affaire Studying Sources, Inc. v. Trump, par lequel la haute juridiction a jugé que l’IEEPA — une loi d’urgence de 1977 — ne conférait pas au président le pouvoir d’imposer des droits de douane, cette prérogative related constitutionnellement du Congrès. Les tarifs dits « réciproques » annoncés en avril 2025, qui atteignaient 34 % pour la Chine et 10 % pour la majorité des partenaires commerciaux, ont ainsi été invalidés.
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Deux séries d’enquêtes en deux jours
Les investigations ouvertes jeudi portent sur le travail forcé : l’USTR reproche aux pays ciblés de ne pas avoir adopté ni appliqué de tendencies suffisamment contraignantes pour interdire l’importation de marchandises fabriquées grâce au recours au travail forcé. La veille, une première série d’enquêtes distincte avait été lancée contre seize économies — dont la Chine, l’UE, le Japon, l’Inde et le Vietnam — pour des pratiques de surproduction industrielle.
La Part 301, une fois activée, ouvre la possibilité d’imposer de nouveaux tarifs, de suspendre des concessions commerciales ou de négocier des accords bilatéraux avec les pays concernés s’ils acceptent de modifier leurs pratiques. Selon une analyse du cupboard WilmerHale, les tarifs issus de ces procédures pourraient se superposer aux droits de douane déjà en vigueur, exposant les importateurs à des niveaux de taxation cumulés.
Un calendrier sous pression
Des observations publiques écrites sont attendues avant le 15 avril, et des auditions sont prévues du 28 avril au 1er mai 2026. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré à CNBC vouloir conclure l’ensemble des procédures avant l’expiration des tarifs d’urgence adoptés sous la Part 122, tout en précisant qu’il ne peut pas présupposer la durée exacte des investigations.
Des spécialistes du commerce worldwide ont émis des doutes sur la faisabilité de ce calendrier. Deborah Elms, directrice de la politique commerciale à la Hinrich Basis, a qualifié ce délai d’« irréaliste » au regard du nombre de pays concernés. Wendy Cutler, ancienne représentante américaine au Commerce et vice-présidente de l’Asia Society Coverage Institute, a estimé que cette offensive risquait de détériorer les relations avec des partenaires dont la coopération serait nécessaire pour répondre collectivement aux excédents de manufacturing chinois.
Les tarifs temporaires adoptés sous la Part 122 — fixés à 10 %, avec une menace de relèvement à 15 % — arrivent à expiration le 24 juillet 2026. L’USTR devra, avant cette date, soit publier des conclusions formelles ouvrant la voie à de nouvelles mesures tarifaires, soit engager des négociations bilatérales avec les économies visées.


























































