Le département du Trésor américain a accordé vendredi 20 mars une dérogation temporaire aux sanctions sur le pétrole iranien, permettant l’achat de quelque 140 thousands and thousands de barils actuellement immobilisés en mer. La mesure, valable jusqu’au 19 avril 2026, intervient trois semaines après le lancement de l’opération militaire américano-israélienne contre l’Iran.
Une dérogation strictement encadrée
La licence publiée par le Trésor après la clôture des marchés ne couvre que le brut chargé à bord de navires avant le 20 mars à 0h01, heure de l’Est. Elle exclut toute nouvelle manufacturing et tout nouvel achat. Les transactions impliquant des acteurs situés en Corée du Nord, à Cuba ou dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie restent interdites. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a résumé la logique de la décision dans un message publié sur X : « Nous utilisons les barils iraniens contre Téhéran pour maintenir les prix à la baisse pendant que nous poursuivons l’Opération Epic Fury. »
Le paradoxe d’une guerre à 112 {dollars} le baril
La décision illustre la pression économique croissante que subit l’administration Trump. Depuis le lancement des frappes le 28 février, le baril de Brent a progressé d’environ 50 %, pour atteindre 112 {dollars} vendredi — son niveau le plus élevé depuis 2022. Le prix à la pompe aux États-Unis a bondi de près d’un greenback en un mois, à 3,88 {dollars} le gallon selon l’American Vehicle Affiliation. En fermant le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié, Téhéran a imposé un choc d’offre que Washington n’a pas réussi à absorber par d’autres moyens : libération de 172 thousands and thousands de barils issus de la réserve stratégique, dérogation au Jones Act autorisant des navires étrangers à opérer entre ports américains, assouplissement des sanctions sur le pétrole russe. La dérogation iranienne constitue le troisième allégement de sanctions contre un pays adversaire décidé par le Trésor en moins de deux semaines.
L’administration défend la cohérence de la mesure en soulignant que ce brut aurait de toute façon rejoint la Chine malgré les sanctions. En permettant à des alliés — notamment l’Inde, la Thaïlande ou le Vietnam — de l’acheter à la place, Washington estime réduire les recettes pétrolières de Téhéran tout en élargissant l’offre mondiale. Le ministère iranien du Pétrole a contesté cette présentation : son porte-parole Saman Ghoddoosi a affirmé sur X que l’Iran ne dispose d’aucun brut excédentaire disponible sur les marchés internationaux.
Des élus et specialists divisés
La décision a suscité des réactions tranchées à Washington. Le sénateur démocrate du Connecticut Richard Blumenthala qualifié la mesure de honteuse, estimant que les États-Unis financent un adversaire en guerre contre eux. À l’inverse, Mark Dubowitz, directeur général de la Basis for the Protection of Democracies, réputée pour ses positions dures sur l’Iran, a salué une décision tactiquement justifiée dans le cadre de l’effort de guerre.
L’autorisation expire le 19 avril. Si les combats se poursuivent et que le détroit d’Ormuz reste bloqué au-delà de cette date, l’administration devra décider soit de renouveler la dérogation, soit de laisser les prix reprendre leur development — à quelques mois des élections de mi-mandat de novembre 2026.



























































