Le 2 mars 2026, des drones iraniens ont frappé les installations de QatarEnergy à Ras Laffan et Mesaieed, au Qatar, contraignant le plus grand exportateur mondial de gaz naturel liquéfié à suspendre l’ensemble de sa manufacturing et à invoquer la drive majeure sur tous ses contrats de livraison. En quelques heures, le prix de référence européen du gaz, le TTF néerlandais, bondissait de près de 50 % pour frôler brièvement les 60 euros par mégawattheure — sa plus forte hausse depuis la crise énergétique de 2022.
Le complexe de Ras Laffan représente à lui seul environ 20 % de l’offre mondiale de GNL. La fermeture de facto du détroit d’Ormuz aux méthaniers, consécutive à l’escalade du conflit, a privé les marchés de la principale voie d’évacuation des cargaisons qataries.
Le PDG de QatarEnergy, Saad Sherida Al-Kaabi, a déclaré au Monetary Instances que la reprise de la manufacturing ne pourrait intervenir qu’une fois le conflit entièrement résolu. Bloomberg rapporte par ailleurs que l’enlargement North Discipline East, attendue pour 2026 et destinée à ajouter 33 hundreds of thousands de tonnes annuelles au marché, est repoussée à 2027 au minimal.
Quand Washington promettait de remplacer Moscou
La crise actuelle prend un aid particulier au regard des engagements pris par les États-Unis à partir de 2022. Après la réduction progressive des livraisons de gaz russe vers l’Europe, l’administration Biden avait publiquement promis d’augmenter les exportations américaines de GNL pour sécuriser l’approvisionnement du continent.
En mars 2022, lors d’un sommet à Bruxelles, le président Joe Biden s’était engagé à fournir au moins 15 milliards de mètres cubes supplémentaires de GNL américain à l’Europe dès la fin de l’année, avec l’objectif de porter ce quantity à 50 milliards de mètres cubes annuels d’ici 2030. L’UE avait répondu en accélérant la development de terminaux méthaniers et en signant des contrats d’approvisionnement à lengthy terme avec des producteurs américains.
Entre 2021 et 2025, les importations européennes de GNL américain ont effectivement quadruplé, passant de 21 à environ 81 milliards de mètres cubes selon l’Institut pour l’économie et l’analyse financière de l’énergie (IEEFA), soit 57 % des importations totales de GNL du continent. En juillet 2025, l’UE et Washington ont formalisé cet ancrage dans un accord business prévoyant l’achat de 750 milliards de {dollars} d’énergie américaine d’ici 2028. Ce pivot a fonctionné — jusqu’à ce que le marché mondial décide autrement.
Des cargaisons américaines aspirées vers l’Asie
Le GNL n’est pas du gaz de pipeline : il n’a pas de vacation spot fixe et swimsuit les prix. Les pays asiatiques — Japon, Corée du Sud, Chine et Inde — qui absorbent habituellement 85 % des exportations qataries, se sont tournés vers le marché spot pour compenser le déficit créé par l’arrêt de Ras Laffan.
L’écart de prix entre le marché asiatique et le TTF européen s’est creusé à environ 5 {dollars} par MMBtu en faveur de l’Asie, selon l’analyste Qasim Afghan de Spark Commodities. La société d’analyse Kpler a recensé au moins huit cargaisons déviées vers l’Asie en l’espace de quelques jours, dont la majorité chargées dans des terminaux américains — notamment à Plaquemines, en Louisiane, et à Corpus Christi, au Texas.
Ces méthaniers, initialement en route vers l’Europe, ont fait demi-tour through le cap de Bonne-Espérance, un détour de plusieurs semaines rendu commercialement rationnel par la prime asiatique. Aucun mécanisme contractuel ne peut contraindre ces opérateurs à privilégier l’Europe.
Des shares européens à leur plus bas depuis 2022
La crise survient à un second de vulnérabilité structurelle pour l’Europe. Selon les données publiées par Gas Infrastructure Europe au 8 mars 2026, les réserves de gaz du continent se situent à environ 27 % de leur capacité totale, leur niveau le plus faible pour cette période de l’année depuis 2022.
Les websites de stockage avaient terminé l’hiver 2025 à 61 % de remplissage, contre 72 % un an auparavant. Or la réglementation européenne, adoptée en 2022 et prolongée en juillet 2025 par le Conseil de l’UE, impose un remplissage minimal de 90 % avant le 1er novembre — avec une flexibilité ramenée à 80 % en cas de difficultés avérées de marché.
Le 4 mars, la Fee européenne a réuni en urgence les groupes de coordination Gaz et Pétrole avec les États membres. L’establishment a conclu à l’absence de risque immédiat pour la sécurité d’approvisionnement, tout en précisant qu’une prolongation de la fermeture du détroit d’Ormuz ou de nouvelles perturbations conduiraient à réévaluer la state of affairs.
Kpler estime que l’ensemble des fournisseurs alternatifs mobilisables — Australie, Nigeria, Algérie, Trinidad — ne peuvent collectivement dégager qu’environ 2 hundreds of thousands de tonnes supplémentaires par mois, face à un déficit mensuel évalué à 5,8 hundreds of thousands de tonnes. Goldman Sachs a estimé que si le détroit d’Ormuz restait fermé un mois, les prix européens du gaz pourraient plus que doubler.
La saison de réinjection dans les stockages européens débute en avril. L’ampleur des volumes à importer pour atteindre les seuils réglementaires d’ici novembre dépendra directement de la durée de l’arrêt qatari et de la capacité de l’Europe à attirer des cargaisons spot dans un marché désormais en concurrence ouverte avec l’Asie.



























































