Au Mali, les partis avaient déjà été suspendus entre avril et juillet 2024. © AFP
Publié le 1 mai 2025
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Le Conseil des ministres « a adopté un projet de loi » abrogeant « dans toutes leurs dispositions la charte des partis politiques », datant d’août 2005, selon un communiqué diffusé ce mercredi à l’issue de la réunion. Cette charte fixe le cadre moral et juridique des partis politiques, ainsi que leur fonctionnement, leur formation, leur création et leur mode de financement.
« L’abrogation de cette loi ne met pas en cause l’existence des formations politiques », a affirmé mercredi soir à la chaîne nationale ORTM le directeur général de l’administration du territoire, Abdou Salam Diepkile. Selon lui, cette décision s’inscrit dans une volonté d’« arrêter la prolifération des partis politiques » au Mali.
Le projet de loi devrait être soumis dans les prochains jours au Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif des militaires arrivés au pouvoir après un double coup d’État en 2020 et 2021. Cette décision survient après qu’une concertation nationale organisée à Bamako par la junte a préconisé mardi la dissolution des partis et le durcissement de leur création.
Un nouveau pas vers une dissolution des partis
Cette rencontre, marquée par la présence des soutiens du régime mais boycottée par la plupart des formations politiques, a également proposé la proclamation sans élection cette année du chef de la junte, le général Assimi Goïta, comme président pour un mandat de cinq ans renouvelable.
Selon des juristes interrogés par l’AFP, l’abolition de la charte marque bien un nouveau pas vers une éventuelle dissolution des partis.
Elle intervient après des restrictions à toute expression d’opposition ou de dissidence édictées par les militaires, qui n’ont pas respecté leur engagement de céder la place à des civils élus en mars 2024. L’opposition a déjà été réduite à l’impuissance par des mesures coercitives, des mises en cause judiciaires, des dissolutions d’organisations et la pression du discours dominant sur la nécessité de faire corps autour de la junte.
(Avec AFP)